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Depuis sa création REVIPAC, informe sur les emballages papier-carton, leur recyclage et la contribution de l’industrie papetière à une production plus durable et circulaire. Un rôle pédagogique indispensable en réponse à des attentes politiques et sociétales légitimes et de plus en plus fortes.
L’emballage papier-carton : faits et chiffres
- L’emballage, un auxiliaire indispensable.
- Le papier carton, issu d’une ressource naturelle exploitée de façon circulaire
- La fabrication d’emballages : une activité essentielle aux multiples usages
- Un secteur industriel innovant et circulaire
- Emballages ménagers : les nouveaux enjeux de la collecte et du tri
- La recyclabilité des emballages papier-carton : un défi partagé
- Recyclage ? Réemploi ? toujours une forme de réutilisation
- Le consommateur n’achète pas un emballage vide mais un produit emballé. En cela l’emballage est toujours l’auxiliaire d’un autre bien ou produit. Son existence en tant qu’objet manufacturé et sa raison d’être reposent avant tout sur les missions qu’il va remplir pour le produit qu’il accompagne.
- Contrairement à une idée reçue, un emballage n’est pas utile « quelques minutes » au moment où le consommateur l’utilise, mais depuis le conditionnement du produit et tout le temps que ce dernier sera transporté, stocké et rangé chez le consommateur jusqu’à son utilisation. Cela peut correspondre à plusieurs mois, précisément lorsque l’emballage permet une protection de longue durée.
- Ainsi l’emballage a un rôle fondamental de protection, de transport, d’information et de sécurité sanitaire. Un emballage insuffisant aurait un impact bien supérieur à celui d’un emballage excessif, dans la mesure où il conduirait à la perte de son contenu et au gaspillage des ressources mobilisées pour la production du produit emballé.
- Mais bien heureusement, l’objectif de la filière industrielle est que l’emballage soit conçu au strict nécessaire pour remplir ses fonctions essentielles, et en innovant pour aller toujours plus loin dans la réduction de son impact environnemental.
Le papier carton, issu d’une ressource naturelle exploitée de façon circulaire
- La fibre de cellulose constitue la base des emballages en papier-carton. Une ressource largement et naturellement présente à l’échelle du globe dans de très nombreux végétaux, arbres, plantes et cultures. En Europe, la fibre utilisée par l’industrie provient majoritairement du bois. Mais contrairement à une idée reçue, le bois utilisé provient essentiellement des sous-produits de la filière du bois et de la sylviculture.
- En outre, en France, plus de 90% du papier et du carton destiné à l’emballage est produit à partir de recyclé. Ainsi, grâce au recyclage, l’usage de la fibre est prolongé et le besoin de bois limité. Les emballages en papier-carton s’inscrivent dans un véritable système de réutilisation de la matière : récupérés et triés selon des standards de qualité normalisés, les emballages usagés peuvent faire l’objet d’échanges marchands et leurs fibres réutilisées dans les usines de recyclage. La pâte à papier recyclée peut servir à la fabrication de nouveaux produits et emballages en papier-carton.
FOCUS
Recyclage des fibres, la limite n’est pas l’usure.
Il a été longtemps considéré que les fibres de cellulose constituant les emballages en papier-carton pouvaient être recyclées 4 à 7 fois avant de perdre leurs propriétés mécaniques. Les travaux récents menés par plusieurs centres techniques européens, notamment le Papiertechnische Stiftung (PTS) en Allemagne, montrent une réalité bien différente.
En conditions contrôlées, les fibres peuvent en effet être recyclées plus de 20 fois sans perte d’intégrité significative. Les chercheurs soulignent que la dégradation observée provient moins de la fibre elle même que de facteurs externes : taux de collecte, qualité du tri, contaminants, et pertes de process. Autrement dit, la limite du recyclage n’est pas intrinsèque à la fibre, mais dépend avant tout de la performance du système de collecte et de préparation des matières.
La fabrication d’emballages : une activité essentielle aux multiples usages
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L’industrie de l’emballage est une composante importante de l’économie nationale par son activité même, et parce qu’elle est indispensable au fonctionnement de l’industrie, de la grande distribution et du commerce. La pandémie de COVID l’a démontré : la production d’emballages, notamment alimentaires, sanitaires ou pharmaceutiques, a été reconnue comme une activité essentielle pour répondre aux besoins premiers de la population au quotidien. Sans emballage, impossible d’approvisionner une population de dizaines de millions de personnes devenue majoritairement urbaine et devant s’alimenter plusieurs fois par jours.
- En 2024 en France le secteur emballages et conditionnement a représenté 70% de la production globale de papiers et cartons et 47,7% de la valeur produite par l’ensemble de l’industrie nationale. Ce secteur (production de matériau et transformation) représente plus de 550 entreprises et 650 sites de production. Il emploie plus 50 000 salariés et génère un chiffre d’affaires de plus de 14 milliards d’euros selon les dernières données disponibles.
- De par sa performance environnementale, ses propriétés physiques et sa formidable aptitude à la mécanisation, le papier carton est le matériau le plus utilisé dans l’emballage en tonnages.
- Matériau à forte modularité, le papier-carton se décline dans de très nombreuses formes et pour de très nombreux usages dans le secteur de l’emballage, qu’il s’agisse d’emballages ménagers ou d’emballages industriels et commerciaux.
- Présents tout au long des chaines logistiques pour le regroupement et le transport des marchandises, les emballages industriels et commerciaux représentent les trois quarts (73%) des emballages papier-carton utilisés en France. Les emballages ménagers qui, pour l’essentiel, sont des emballages d’unités de vente ne comptent que pour un quart du total (27%).
Un secteur industriel innovant et circulaire
- Le succès du matériau papier-carton est également dû à une industrie qui investit et se transforme en continu pour mieux répondre à une réglementation de plus en plus exigeante et aux enjeux environnementaux liés aux emballages : allègement, mono-matériau, optimisation du volume, recyclabilité… autant de pistes d’éco-conception sur lesquelles portent un effort constant de recherche et développement pour les entreprises afin de trouver les solutions techniques et de conception pour réduire leur empreinte environnementale au strict nécessaire.
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Au-delà de sa performance concernant ses matières premières, biosourcées ou récupérées, et en matière de recyclage, la filière de l’emballage, comme l’ensemble de l’industrie papetière, est aussi exemplaire en matière de climat et d’énergie. En 20 ans, en France les émissions directes de CO₂ du secteur papier-carton ont chuté de 65 %, passant de 4,3 millions de tonnes en 2005 à 1,5 million en 2024. S’agissant des émissions spécifiques (tonne de CO2/tonne de produit) elles sont passées de 0,25 tonne en 2013 à 0,20 tonne en 2023 soit une baisse annuelle moyenne de 23% sur la période.
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Depuis 2005 c’est plus d’un milliard d’euros d’investissement qui a déjà été engagé dans les énergies renouvelables, l’électrification et l’efficacité énergétique : (chaudière ou cogénération biomasse, chaudière CSR, valorisation du biogaz en autoconsommation. Aujourd’hui l’industrie papetière s’impose comme un acteur majeur de la transition énergétique et de la décarbonation industrielle en France.
Emballages ménagers : les nouveaux enjeux de la collecte et du tri
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En 2023, Le taux de recyclage des emballages ménagers calculé par l’ADEME s’est établi à 67% au niveau national avec toutefois des disparités importantes selon les matériaux d’emballages. D’après les données publiées par CITEO, chaque français(e) a trié 58 kilos d’emballages ménagers répartis entre 25 kg d’emballages légers (+10% vs 2022) et 33 kg d’emballages en verre (-2% vs 2022).
Si la collecte des emballages ménagers connait une progression régulière, plusieurs enjeux conditionnent la performance future de la collecte sélective.
- Grands emballages : avec le développement de la vente en ligne, les consommateurs ont de plus en plus souvent besoin de se défaire d’emballages en carton de grande taille. Faciliter le démontage ou la mise à plat est une piste d’éco-conception dans laquelle les producteurs se sont engagés. Il faut pour autant faciliter la collecte, par des bacs adaptés ou des points d’apport faciles d’accès.
- Petits emballages : nombreux sont les emballages de petite taille nécessaires au quotidien : boites de médicaments, de cosmétiques… ces emballages ne sont pas suffisamment bien captés en centres de tri, alors que le citoyen a fait l’effort de les placer dans le bac jaune. Ici aussi un travail d’optimisation est à faire pour augmenter les quantités d’emballages qui seront orientés vers les sites de recyclage.
- Qualité du tri : enfin, le tri réalisé dans les centres dédiés est une composante essentielle d’un recyclage performant. Orienter des emballages d’un matériau vers une mauvaise filière de recyclage où ils ne pourront être traités est une aberration environnementale et économique.
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Communication envers les citoyens, taille des contenants, fréquence des collectes, équipements de tri, une réflexion doit prendre place pour éviter que ces emballages ne soient perdus pour le recyclage.
La recyclabilité des emballages papier-carton : un défi partagé
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Faire en sorte que tous les emballages mis en marché puissent être recyclés, voilà un des enjeux majeurs figurant dans le nouveau règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages. Pour l’industrie papier-carton, la recyclabilité des emballages n’est pas une problématique nouvelle comme en témoigne son engagement sur ce sujet dès 2007 avec la création du CEREC. Car l’aptitude au recyclage d’un emballage se détermine en grande partie dès sa conception : caractéristiques techniques, barrières, adhésifs, encres, éléments associés, autant d’options, autant de choix dont on connait aujourd’hui les impacts au stade du recyclage papetier.
- Le CEREC met ainsi à disposition des producteurs d’emballages et des conditionneurs une bibliothèque d’avis techniques et généraux en open-source ainsi qu’une matrice d’aptitude au recyclage, permettant d’identifier l’impact des multiples choix possibles sur le procédé de recyclage.
- Mais la recyclabilité d’un emballage papier-carton ne dépend pas uniquement des fabricants ou des recycleurs. Une fois utilisé par le consommateur l’emballage doit passer par des étapes qui peuvent altérer sa recyclabilité et l’empêcher d’arriver jusqu’aux usines papetières : la collecte et le tri. Toutes ces étapes doivent être prises en compte dans une démarche d’éco-conception pour assurer un parcours fluide de l’emballage, depuis le moment où le consommateur s’en défait, jusqu’à son arrivée à l’usine de recyclage.
Recyclage ? Réemploi ? En réalité, toujours une forme de réutilisation !
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Souvent opposés, réemploi et recyclage représentent deux formes complémentaires de réutilisation : avec le réemploi, c’est l’objet emballage qui est réutilisé, quand avec le recyclage, c’est le matériau qui est réutilisé pour fabriquer généralement un nouvel emballage.
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Dans les deux cas, l’objectif est de limiter la pression sur les ressources naturelles, d’en prolonger l’usage et partant d’en améliorer l’efficacité en supprimant les impacts environnementaux liés au cycle de production initiale de la matière (extraction, transformation, transports…), qui concentrent l’essentiel des impacts et la majorité de l’empreinte environnementale de l’emballage.
- Il existe cependant des différences structurelles entre ces deux options de valorisation. Le réemploi impose la réutilisation d’un même emballage et conséquemment, dans la plupart des cas, pour un même usage. Une spécialisation largement due à un format d’emballage qui correspond de par ses dimensions et caractéristiques techniques aux besoins du produit à emballer initial et qui limite sa latitude d’emploi/réemploi dans un usage autre ou différent.
- Le caractère spécialisé de l’emballage réemployable crée une contrainte en termes de capacité de remplissage qui ne peut être surmontée que par une perte d’efficacité logistique de sous-utilisation, si l’emballage est réutilisé pour accompagner un produit pour lequel il n’a pas été conçu, ou de surcapacité, par la nécessité d’un parc dimensionné pour un usage maximal.
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Avec la réutilisation de la matière, cette barrière n’existe pas. Le procédé de recyclage est universel : d’une part parce qu’en entrée il accepte tous types et tous formats d’emballages usagés papier-carton collectés et triés, qu’ils soient issus du circuit ménager ou plus majoritairement des circuits industriels et commerciaux ; d’autre part parce que la réutilisation de la matière permet de revenir au matériau de base – la pâte à papier dans le cas des papiers cartons – et in fine de produire de nouveaux emballages à base de papier-carton recyclés de tous types et formats qui vont pouvoir répondre au plus près des besoins locaux, sans avoir à retransporter un emballage dédié vers son point de départ.
- Il importe ainsi de choisir le réemploi ou le recyclage lorsque la pertinence de l’un ou de l’autre des schémas est établie, au moyen d’une étude environnementale, technique et économique tenant compte de la réalité des usages : distances parcourues, taux de recyclage ou de réutilisation effectifs, etc. Car, contrairement aux idées reçues, différentes études françaises ou européennes ont établi que le réemploi n’était pas systématiquement plus vertueux que le recyclage.

















